Les faits réels qui ont inspiré ces destins croisés de femmes remarquables
La série L’Été 36 est inspirée d’une histoire vraie car la saga de TF1 s’attache à entremêler la véritable et grande Histoire de 1936 avec les codes du Murder Mystery chers à la tradition d’Agatha Christie. Si l’enquête criminelle au cœur de l’Hôtel Riviera à Nice relève du pur Murder Mystery, un meurtre dont l’identité du coupable est dissimulée jusqu’au dénouement, le souffle qui anime chaque scène de L’Été 36 est, lui, profondément ancré dans la réalité brute de la France de 1936. La série L’Été 36 sur TF1 ne relate pas un fait divers précis, mais elle documente la grande Histoire : l’Histoire d’une révolution sociale sans précédent qui a transformé le visage de la France et l’intimité de ses citoyens.
Porter haut les enjeux de l’émancipation féminine
Le récit de la série L’Été 36 s’inscrit dans la foulée de la victoire du Front Populaire le 3 mai 1936 et de son séisme social. Ce printemps-là, la France est secouée par un mouvement de grèves joyeuses, impliquant près de deux millions de travailleurs. Comme le souligne la productrice de la série Iris Bucher dans le dossier de presse de L’Été 36, ce moment représente un « bouleversement majeur de la société » en ayant ainsi souhaiter pour la série représenter à l’écran l’authenticité des faits réels historique tout en ayant pour objectif de « défendre la place des femmes, leur donner une voix forte, porter haut les enjeux de l’émancipation féminine ».
Une parenthèse de bonheur
La réalité historique s’accélère avec les Accords de Matignon, signés dans la nuit du 7 au 8 juin 1936, sous l’égide de Léon Blum. Ces accords actent des avancées majeures : la reconnaissance du droit syndical et une augmentation immédiate des salaires de 7 à 15 %. Quelques jours plus tard, le cadre légal du temps de travail explose : la loi du 11 juin 1936 instaure la semaine de 40 heures, tandis que la loi du 20 juin 1936 accorde les 15 premiers jours de congés payés. Pour des millions de Français, c’est l’année de « découverte de la Méditerranée » comme le rappelle le réalisateur Fred Garson, « une parenthèse de bonheur » ainsi décrite par la productrice Iris Bucher où, pour la première fois, des ouvriers en casquette vont côtoyer la haute société sur la Promenade des Anglais à Nice !
Chacune d’elles incarne une forme d’émancipation et se débat avec un modèle de féminité
La série L’Été 36 met très intelligemment en scène quatre femmes imaginaires, mais inspirées de femmes célèbres, face au basculement d’un monde bien réel ! La force de la série L’Été 36 est de lier le destin de ses quatre héroïnes aux archétypes féminins de cette période de transition où, comme le rappellent les scénaristes Marie Deshaires et Catherine Touzet, les femmes « n’avaient ni droit de vote, ni autonomie financière » en définissant leurs héroïnes « Chacune d’elles incarne une forme d’émancipation et se débat avec un modèle de féminité, dans ses problématiques propres ».
Une grande tragédienne
Blanche Ackerman interprétée avec talent par Julie de Bona représente l’agonie de l’ancienne bourgeoisie. Blanche incarne la résistance, ou plutôt la souffrance, de l’élite face au brassage social. Son personnage est inspiré de figures féminines romanesques comme Scarlett O’Hara dans le film Autant en emporte le vent, car elle lutte pour maintenir un rang qui s’effondre tout en dissimulant une liaison adultère tabou avec le procureur de Nice. Pour Julie de Bona, Blanche est « une grande tragédienne ». Sa jalousie qui « fait partie intégrante de son être, de manière organique » envers sa sœur et sa crainte « de ne pas être regardée ni appréciée » reflètent l’insécurité d’une classe sociale qui voit son exclusivité balnéaire s’évaporer sous le soleil des congés payés.
Une femme autonome et courageuse, en avance sur son temps
Eugénie Berthier interprétée avec conviction par Sofia Essaïdi représente la femme en quête de libération intérieure dans un monde qui change. Eugénie, jeune ouvrière syndiquée, porte en elle les secrets du passé dont son engagement intime avec le procureur assassiné, symbolisant ces femmes qui, dans l’entre-deux-guerres, tentaient de s’extraire des carcans. Sofia Essaïdi décrit « une femme autonome et courageuse, en avance sur son temps ». Son parcours fait écho à l’aspiration de liberté qui souffle sur la France : « le lâcher prise est entré dans ma vie », confie l’actrice Sofia Essaïdi, marquant le parallèle entre son personnage et l’air du temps dans les années 30.
Entrer dans la peau de cette femme foncièrement libre avait un côté assez jouissif
Léonie Morel interprétée avec bonheur par Constance Gay représente l’idéalisme et l’engagement. Léonie est le moteur de l’action, une jeune auxiliaire de police mais aussi l’allégorie de la jeune femme moderne, dynamique, qui embrasse les nouveaux droits et les nouvelles libertés. Elle incarne cette génération de 1936 portée par l’espoir des réformes de Léo Lagrange alors sous-secrétaire d’État aux Sports et aux Loisirs. Léonie est celle par qui le scandale arrive comme le souligne Constance Gay « Léonie est avant tout une femme libre. Elle ne se soucie pas de ce que les autres disent ou peuvent penser d’elle. Elle n’a par exemple aucun problème à faire le premier pas quand un garçon lui plaît ». Constance Gay a éprouvé un véritable plaisir à incarner Léonie Morel « Entrer dans la peau de cette femme foncièrement libre avait un côté assez jouissif ».
Les parcours de femmes qui, comme elle, se démènent seule pour sortir de la galère me bouleversent
Giulia Vincent interprétée avec une vraie sensibilité par Nolwenn Leroy s’impose comme la figure de la résilience. À travers son rôle de Giulia Vincent, gouvernante modèle à l’Hôtel Riviera mais jeune femme compromise par une dette, Nolwenn Leroy apporte une dimension plus onirique et mystérieuse, rappelant que l’été 1936 était aussi une époque de fantasmes et de beauté esthétique. Pour Nolwenn Leroy, son personnage de Giulia incarne la « méritocratie et sait qu’il faut avoir une bonne éducation pour s’assurer un avenir convenable ». Nolwenn Leroy a été marquée par son personnage « Les parcours de femmes qui, comme elle, se démènent seule pour sortir de la galère me bouleversent ».
Pour les femmes, j’ai cherché à apporter beaucoup de sensualité
La série L’Été 36 n’oublie pas que derrière la fête, l’ombre de la guerre plane. Le 17 juillet 1936 marque le début de la Guerre civile espagnole, un événement qui déchire le gouvernement français sur la question de l’intervention. La série intègre cette réalité historique : on y croise des personnages fuyant le fascisme ou s’inquiétant de la montée du nazisme. Le réalisateur Fred Garson a reconstitué comme un historien méticuleux le Nice des années 1930 grâce à 300 plans numériques afin de montrer la vie quotidienne de l’époque mais également ses tensions idéologiques violentes. La véracité de la série L’Été 36 passe aussi par les costumes magnifiques recréés quasiment à l’identique de ceux de l’époque par Valérie Adda « Je voulais que les bourgeois soient le plus glamour possible. Pour les femmes, j’ai cherché à apporter beaucoup de sensualité ».
Allier l’attrait du romanesque à celui de l’investigation
Certes, les meurtres de l’Hôtel Riviera à Nice sont fictifs tout comme l’Hôtel Riviera est fictif bien que inspiré de l’Hôtel Negresco à Nice, cependant les émotions, les luttes de classes et les aspirations de ces femmes remarquables sont authentiques et inspirées de l’Histoire vraie ! Comme le résume Anne Didier la directrice artistique de la fiction française à TF1, la série L’Été 36 parvient à « allier l’attrait du romanesque à celui de l’investigation » tout en rendant hommage à la véritable Histoire de cet été où la France a cru, le temps d’une baignade, que le bonheur était enfin un droit pour tous !

