Les critiques et l’avis sans tabous de la sensuelle actrice italienne
Le film La Riffa est la première apparition au cinéma de Monica Bellucci qui est en 1991 une top-modèle ultra-médiatisée. Les critiques sur La Riffa et les avis du public sur le film furent exacerbés par les scènes érotiques très osées de Monica Belluci. La Riffa met en scène Monica Bellucci à 27 ans dans le rôle de Francesca une ravissante jeune veuve ruinée à cause des dettes dissimulées par son défunt mari. Francesca qui était une jeune bourgeoise sensuelle faisant partie de la haute société de Bari en Italie apprend soudainement qu’elle n’a plus d’argent et que son mari la trompait. Francesca tente de travailler dans un grand magasin avant de renoncer en étant victime des attouchements d’un responsable puis elle se résigne à vendre son yacht et ses meubles luxueux avant de vendre son corps à des hommes mûrs ! Car Francesca n’a vraiment plus d’argent alors, pour survivre et payer l’éducation de sa fille, la jeune bourgeoise ruinée organise une loterie réservée aux hommes riches en offrant au gagnant l’usage charnel de son corps durant quatre ans ! Pour son premier film, Monica Bellucci n’a pas froid aux yeux ni au reste du corps car elle tourne plusieurs scènes de sexe explicites. Mais le film La Riffa reste teinté d’un très bel érotisme notamment lorsque Monica Bellucci est nue sous son imperméable en ville avant de se dévêtir face à un miroir. Une très belle scène traduit le cynisme de la haute bourgeoisie italienne quand Monica Bellucci vend sa robe à une cliente trop empressée en s’exhibant ensuite en lingerie en public devant toutes les femmes qui étaient ses amies. Réalisé par Francesco Laudadio, La Riffa est un film érotique d’une rare intelligence qui maintient Francesca dans une position de femme dominante malgré l’adversité en offrant ce merveilleux moment où Monica Belluci retire sa petite culotte sous sa jupe afin d’avoir le sexe nu pour s’assoir sur le visage d’un homme allongé par terre !
J’ai commencé avec des films comme La Riffa où le rapport au corps était direct
Lors de la sortie de La Riffa dans les salles de cinéma italiennes à l’automne 1991, le film qui comporte certaines scènes très osées a suscité des vives réactions au sein de la presse transalpine mais tous les critiques se sont rejoints sur l’impact visuel et le magnétisme de la toute jeune Monica Bellucci alors en pleine transition entre les podiums de mode et le grand écran. Le célèbre quotidien romain La Repubblica a mis en avant l’ambition satirique du film face au cynisme de la bourgeoisie locale, le film se déroule à Bari, tout en soulignant que La Riffa évite l’écueil de la vulgarité gratuite « Peut-être Laudadio a-t-il tenté avec La Riffa de renouer avec ce défi de la satire sociale et comportementale. Pour autant, ce n’est pas non plus un film vulgaire ».
Elle avait tout perdu, sauf son corps
Mais la plus grande prise de risque de La Riffa avec Monica Bellucci tient à sa nature même : un remake ou plus justement une relecture d’un chef d’œuvre du cinéma italien avec Sophia Loren ! En 1991, plusieurs journaux italiens ont immédiatement fait le parallèle historique avec le film Boccaccio ’70 sorti en 1962 et plus particulièrement avec son épisode déjà intitulé La Riffa réalisé par Vittorio De Sica où Sophia Loren incarnait un lot de tombola charnelle dans un village de Romagne ! La presse italienne a souligné l’audace du réalisateur Francesco Laudadio de reprendre ce canevas pour en faire un film entier adapté aux réalités des années 1990 : la jeune veuve moderne, ruinée par les spéculations financières de son mari, qui utilise son corps comme unique capital face à l’hypocrisie masculine. Les critiques de l’époque, souvent habitués aux comédies dramatiques italiennes très ancrées dans le physique des actrices, ont immédiatement repéré que Monica Bellucci imposait une présence physique fascinante. Le slogan inscrit sur l’affiche de 1991 du film La Riffa résumait d’ailleurs parfaitement la tonalité des critiques “Aveva perso tutto, tranne il suo corpo” qui se traduit en français par “Elle avait tout perdu, sauf son corps”. Les revues de cinéma italiennes résumeront plus tard cette entrée fracassante dans le septième art de Monica Bellucci en expliquant que Francesco Laudadio cherchait avant tout à filmer « un corps et un visage » capables de déstabiliser une haute bourgeoisie italienne corrompue et « gâtée de l’intérieur comme de belles pommes retouchées par les vendeurs ».
La nudité fait partie intégrante du drame de Francesca
Face au début de scandale sexuel provoqué par le film en Italie, Monica Bellucci défend La Riffa pour éviter d’être réduite à un simple objet érotique. La jeune actrice de 27 ans justifie sa nudité comme l’essence même de l’intrigue puisque le film relate l’histoire d’une jeune veuve qui met son corps en loterie pour rembourser ses dettes. Monica Bellucci répète aux journalistes que « la nudité fait partie intégrante du drame de Francesca ». Face aux critiques qui soulignent le caractère très cru de certaines scènes, Monica Bellucci insiste sur l’intelligence de la mise en scène du réalisateur Francesco Laudadio en qualifiant le film de « satire sociale sur l’hypocrisie de la bourgeoisie de Bari » et non de pur produit d’exploitation érotique ! Des années plus tard, lorsqu’elle sera interrogée sur l’ensemble de sa carrière, et après avoir tourné des scènes sexuelles encore plus controversées comme dans Irréversible réalisé par Gaspar Noé en 2002 ou Malèna réalisé par Giuseppe Tornatore en 2000, Monica Bellucci s’exprime de manière plus analytique sur ses débuts audacieux dans La Riffa « J’ai commencé avec des films comme La Riffa où le rapport au corps était direct. En Italie, on a tout de suite voulu me coller une étiquette. Mais j’ai toujours vu le corps des acteurs comme un instrument de travail. C’est comme un pianiste avec son piano : il faut accepter de l’utiliser entièrement si l’histoire le demande ». Monica Bellucci a également confié avoir abordé ces premières scènes de nu dans La Riffa sans la timidité habituelle des actrices débutantes, précisément que son passé de mannequin pour des photographes de mode majeurs aux frontières de l’érotisme comme Helmut Newton l’avait déjà habituée à conceptualiser sa nudité sous un angle purement esthétique et professionnel, et non intime. Monica Bellucci s’est ainsi offerte sans tabous à l’objectif de la caméra pour le plus grand bonheur de ses spectatrices et spectateurs. Monica Bellucci est une femme fantastique !


