Dollars, sexe, domination féminine et ultra-violence !
Sorti dans une poignée de salles de cinéma américaines en 2012, distribué directement en VOD et en DVD puis Blu-ray en France, Bounty Killer a pourtant trouvé son public en générant plus d’un million de dollars de ventes en DVD et Blu-ray ! Situé dans un univers post-apocalyptique hérité de Mad Max 2 et Tank Girl, le film Bounty Killer de Henry Saine a pourtant bien failli ne jamais exister fautes de moyens financiers !
Si une caméra tombait en panne ou s’il pleuvait, on n’avait pas de budget pour une 19ème journée
Le financement de Bounty Killer est un cas d’école du cinéma indépendant guerilla. Réunir les fonds pour un film qui mélange post-apocalyptique, action sanglante, provocation sexuelle et critique des multinationales était un pari risqué qui a failli capoter plusieurs fois. À l’origine, avant le film de 2012, Bounty Killer était un court-métrage d’animation et de prise de vue réelle. Le long-métrage Bounty Killer de 2012 a été développé suite au succès du court-métrage dans les festivals de cinéma fantastique. Cette genèse en deux temps est une des explications du style visuel très particulier de Bounty Killer, qui mélange des esthétiques de bandes dessinées trash avec des prises de vue réelles ; une technique héritée du court-métrage pour masquer le manque de budget tout en donnant une identité graphique forte ! L’autre explication de ce mélange entre esthétique de bande dessinée et cinéma provient des origines du récit puisque le réalisateur du film Bounty Killer Henry Saine a en effet porté à l’écran sa propre BD intitulée Bounty Killer !
Le film Bounty Killer a donc commencé comme un court-métrage, mais pour passer au long-métrage, l’argent manquait cruellement. L’équipe du film a dû lancer une campagne de financement participatif sur Kickstarter en 2012. L’objectif était modeste, environ 28000 dollars, mais vital pour boucler le budget de la production. S’ils n’avaient pas atteint cette somme, le film n’aurait jamais pu être terminé techniquement notamment pour les effets spéciaux numériques. Le budget de Bounty Killer était tellement serré que le tournage principal a dû être bouclé en un temps record : seulement 18 jours ! Pour un film d’action avec autant de cascades et d’effets visuels, c’était presque suicidaire. « On n’avait pas le droit à l’erreur. Si une caméra tombait en panne ou s’il pleuvait, on n’avait pas de budget pour une 19ème journée », a confié un membre de la production du film Bounty Killer.
Trop violent et trop peu politiquement correct
Pour faire tenir le budget, l’actrice Christian Pitre et l’acteur Matthew Marsden ont accepté des contrats très loin des standards hollywoodiens. Ils ont rejoint le projet par pure passion pour le script et le genre grindhouse avec une rémunération qualifiée d’amicale. Sans ce sacrifice financier des acteurs principaux, le film n’aurait jamais pu exister. Plutôt que de construire des décors coûteux en studio, la production de Bounty Killer a utilisé des lieux réels en fin de vie. Ils ont tourné dans des zones industrielles désaffectées et des déserts isolés pour éviter les frais de location élevés. Le réalisateur Henry Saine a d’ailleurs avoué avoir utilisé ses propres talents d’illustrateur pour créer lui-même certains storyboards et concepts visuels afin d’économiser le salaire d’un département artistique complet. À plusieurs reprises, le film Bounty Killer a frôlé l’arrêt pur et simple. Un investisseur s’est soudainement retiré de la production car il trouvait le film « trop violent et trop peu politiquement correct ». L’équipe de production a dû trouver à la hâte des fonds alternatifs auprès de petits distributeurs indépendants qui croyaient au potentiel du film Bounty Killer auprès des fans de la BD.
Le budget des cascades était lui aussi minimaliste. Ainsi, la très sexy Christian Pitre, pour son rôle de Mary Death dans Bounty Killer, n’a pas seulement compté sur son jeu d’actrice car elle a suivi un entraînement physique rigoureux afin de réaliser une grande partie de ses cascades en maniant les armes blanches de manière crédible, ce qui a contribué à donner au film son aspect authentique malgré un budget limité. Les effets spéciaux du film sont également une conséquence du budget limité de Bounty Killer. Pour l’une des scènes les plus sanglantes du film, le réalisateur Henry Saine n’était pas satisfait de la quantité de faux sang utilisée. Malgré les pompes qui envoyaient du liquide partout, il trouvait que l’aspect visuel manquait de matière. Il est alors allé chercher dans son propre réfrigérateur du rôti de bœuf tranché finement et l’a jeté au milieu des effets spéciaux pour simuler des morceaux de chair humaine plus réalistes ! Les costumes ont eux aussi étaient réalisés avec économie. Le look post-apocalyptique des nomades du film Bounty Killer ne vient pas d’ateliers de haute couture hollywoodiens. L’équipe des costumes s’est rendue dans une casse automobile au nord de Los Angeles pour fouiller dans de vieilles carcasses de voitures abandonnées. Ils y ont récupéré des morceaux de tissus, des pièces métalliques et des bijoux oubliés pour créer les vêtements des personnages de la manière la plus authentique possible ! Lors d’une interview avec ScreenAnarchy, Henry Saine s’est amusé de son manque de budget « Ils nous ont donné très peu d’argent… on était reconnaissants pour chaque centime ! ».
Il y a quelque chose de bizarrement sexy dans le fait d’être couverte de sang et de porter du cuir dans le désert
Le film Bounty Killer joue délibérément avec les codes du cinéma d’exploitation des années 70, le grindhouse, mêlant ultra-violence et érotisme stylisé. L’esthétique de Mary Death, la chasseuse de prime jouée par Christian Pitre, est au cœur de cet aspect sexy du film Bounty Killer. Le corset en cuir jaune et noir de Mary Death a été conçu pour être aussi peu pratique que possible pour une tueuse à gages, mais visuellement impactant. Christian Pitre a confié en interview que le costume était si serré qu’il dictait sa façon de bouger « Le costume fait 90 % du travail. Une fois que vous êtes dedans, vous ne pouvez pas vraiment vous asseoir ou respirer normalement, alors vous restez debout, droite et fière. Ça vous donne immédiatement cette attitude badass ». Bounty Killer contient peu de scènes de nudité car il joue énormément sur la suggestion. Dans une interview pour Icons of Fright, Christian Pitre explique que le plus difficile n’était pas de paraître sexy, mais de maintenir cette image tout en étant couverte de poussière et de sang synthétique « Il y a quelque chose de bizarrement sexy dans le fait d’être couverte de sang et de porter du cuir dans le désert. C’est ce mélange de danger et de féminité qui rend Mary Death si intéressante ».
Dans ce monde dévasté, le sexe et la violence sont les deux seules choses qui font encore vibrer les gens
Lors d’une scène d’action de Bounty Killer, la ravissante Christian Pitre a reçu une projection massive de faux sang sur le visage. Au lieu de s’essuyer, elle a continué à jouer la scène avec un regard provocateur. Le réalisateur a trouvé cela tellement « sexy sauvage » qu’il a gardé la prise, estimant que cela renforçait le côté fantasme pulp du film. Dans une interview accordée au site Killer Reviews, Christian Pitre a été interrogée sur la façon dont elle gérait son image de bombe sexuelle du film. L’actrice a répondu avec beaucoup d’assurance « Je n’ai jamais vu Mary Death comme un simple objet. Pour moi, sa sensualité est une arme, au même titre que son sabre. Elle sait qu’elle est belle, elle sait qu’elle est sexy, et elle s’en sert pour déstabiliser ses adversaires. Jouer cela était libérateur ». Christian Pitre s’est également exprimée sur ses scènes de sexe avec Matthew Marsden dans Bounty Killer « Il y a une scène où Jack et Mary sont très proches, et l’alchimie devait être palpable. Matthew est un gentleman, ce qui rend les choses plus faciles, mais l’idée était de montrer que dans ce monde dévasté, le sexe et la violence sont les deux seules choses qui font encore vibrer les gens ».
On me demande souvent si j’étais nerveuse à l’idée d’être dénudée
Lors d’une scène splendide, la superbe Christian Pitre nue attache les mains de son amant. Christian Pitre s’est exprimée sans tabous sur sa nudité dans le film Bounty Killer « On me demande souvent si j’étais nerveuse à l’idée d’être dénudée. Mais le film est plus malin que ça. Il vous montre juste assez pour que votre imagination fasse le reste. C’est beaucoup plus sexy de voir Mary Death sortir d’une caravane en ajustant son corset que de tout voir d’un coup ». À propos de la scène de tension érotique romantique dans la caravane, l’équipe de tournage a relaté que l’espace était si exigu que la scène, censée être glamour et sexy, était en réalité techniquement très compliquée. Les acteurs transpiraient énormément à cause de la chaleur du désert et de l’étroitesse du lieu. La ravissante Christian Pitre a plaisanté sur le fait que rester « sexy » alors qu’on colle littéralement à son partenaire à cause de la chaleur est le plus grand défi d’actrice qu’elle ait eu à relever. Matthew Marsden qui interprète The Drifter est revenu sur cette tension érotique permanente avec Mary Death « On voulait que le public ressente que même s’ils essaient de s’entretuer, ils ont surtout envie de finir au lit ensemble ».
J’ai aimé explorer ce côté dominatrice de bureau. C’est une autre facette du sexy : celle du pouvoir absolu qui ne nécessite même pas d’enlever ses vêtements pour vous écraser
Parallèlement au personnage très sexy de Mary Death, Kristanna Loken, la T-X de Terminator 3, interprète le rôle de Catherine dans le film Bounty Killer. Kristanna Loken apporte une dimension plus fétichiste et autoritaire au film avec ses tenues de bureau ultra-strictes et son attitude dominatrice. Elle a souvent déclaré apprécier ces rôles de femmes puissantes empreintes de domination féminine qui utilisent leur sexualité comme une arme de contrôle « J’adore jouer ces femmes qui n’ont pas peur de leur pouvoir. Catherine est une prédatrice, et son look de Corporate Queen est sa propre forme d’armure sexy ». Les Corporate Queens sont les femmes fatales dirigeantes de ce qui reste des multinationales. Elles vivent dans le luxe au sommet de gratte-ciels protégés, alors que le reste du monde est un désert. Le terme Corporate Queen est aussi utilisé de façon plus générale dans la culture alternative pour désigner une femme qui domine le monde de l’entreprise avec une poigne de fer. Kristanna Loken a ajouté « Catherine est dans une forme de sensualité très froide, presque fétichiste avec ses tailleurs parfaits. J’ai aimé explorer ce côté dominatrice de bureau. C’est une autre facette du sexy : celle du pouvoir absolu qui ne nécessite même pas d’enlever ses vêtements pour vous écraser ».
C’est ce contraste qui excite le public
La puissance féminine fait également partie intégrante du personnage de Mary Death interprétée par Christian Pitre mais d’une autre manière comme l’actrice l’explique « Le plus sexy chez elle, ce ne sont pas ses jambes ou son décolleté, c’est le fait qu’elle puisse vous trancher la gorge sans cesser d’être élégante. C’est ce contraste qui excite le public ». Fait rare pour une actrice de films d’action, la séduisante Christian Pitre est également une esthéticienne agréée. En 2022, elle a lancé sa propre marque de soins naturels appelée The Righteous Line. Christian Pitre utilise son expertise de la peau pour formuler des produits, alliant sa carrière à Hollywood à une passion pour l’entrepreneuriat de la clean beauty : la beauté saine avec des produits naturels. Même si elle s’est tout de même éloignée des plateaux de tournage ces dernières années, Christian Pitre reste toutefois très fière de son rôle de Mary Death dans Bounty Killer qu’elle considère comme le rôle de sa vie !


